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Henri le Navigateur et les Portugais
En 1415, le Portugal s'empare de Ceuta, sur la côte marocaine. Les Portugais y découvrent des entrepôts remplis d'or et d'épices venus du sud du Sahara et se posent la question qui va tout déclencher : et si on allait les chercher directement, par la mer, en contournant le désert ?
Un prince organisateur
Le prince Henri, surnommé plus tard « le Navigateur », n'a lui-même presque jamais navigué. Son rôle est ailleurs : il finance, s'entoure de cartographes, d'astronomes et de pilotes, commande des navires et, surtout, envoie expédition après expédition, chaque capitaine ayant pour mission d'aller un peu plus loin que le précédent et de rapporter des relevés précis.
Cap après cap
Le cap Bojador, réputé infranchissable (au-delà, disait-on, la mer bout et les hommes noircissent), est doublé en 1434 par Gil Eanes, au quinzième essai. Le Sénégal est atteint en 1444, la Sierra Leone en 1460. En 1488, Bartolomeu Dias est emporté par une tempête et découvre, en remontant, qu'il a dépassé la pointe sud de l'Afrique : le cap de Bonne-Espérance. La route vers l'Inde est ouverte.
Une méthode, pas un coup de chance
Ce qui distingue les Portugais, c'est la continuité : soixante-dix ans d'effort méthodique, avec archivage des cartes, transmission des connaissances, amélioration progressive des navires. Rien à voir avec une aventure isolée.
Le revers
Dès les années 1440, les navires portugais ramènent des captifs africains vendus comme esclaves à Lisbonne. Les comptoirs installés le long des côtes serviront de base à la traite atlantique, qui déportera plus de douze millions de personnes au cours des siècles suivants. L'exploration et la traite naissent en même temps, et le raconter honnêtement fait partie de l'histoire.