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Vasco de Gama et la route des Indes
Le 8 juillet 1497, Vasco de Gama quitte Lisbonne avec quatre navires et environ 170 hommes. Objectif : atteindre l'Inde par la mer. Il rentre en 1499 après un voyage de plus de 40 000 kilomètres : plus long que le tour de la Terre.
Une navigation audacieuse
Au lieu de longer l'Afrique, Gama s'élance en plein Atlantique en un immense arc de cercle pour profiter des vents. Il reste quatre-vingt-treize jours sans voir la terre, un record pour l'époque. Puis il double le cap de Bonne-Espérance et remonte la côte est de l'Afrique, où il découvre un monde qu'il n'attendait pas : des ports swahilis riches et cosmopolites, comme Mombasa et Malindi, en relation avec l'Arabie, l'Inde et la Chine.
Un pilote décisif
À Malindi, il embarque un pilote familier de l'océan Indien ; la tradition l'identifie parfois à Ibn Majid, un grand navigateur arabe. Grâce à lui et à la mousson, la traversée jusqu'à Calicut, en Inde, ne prend que 23 jours.
Un accueil décevant
À Calicut, les cadeaux apportés (tissus grossiers, bassins de cuivre, miel) font sourire : ce sont des marchandises de troc africain, ridicules dans l'un des plus grands ports commerciaux du monde. Gama repart néanmoins avec une cargaison d'épices qui, revendue en Europe, rapporte soixante fois le coût de l'expédition. Le voyage a pourtant coûté la vie à plus de la moitié de ses hommes, surtout à cause du scorbut.
Les conséquences
Le Portugal comprend l'enjeu et impose sa présence par la force : bombardements de ports, prise de Goa, de Malacca et d'Ormuz, contrôle des détroits. En quelques décennies, il bâtit un empire commercial étiré de l'Afrique au Japon, et détourne à son profit le commerce des épices qui passait jusque-là par les Ottomans et Venise.