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Le traité de Tordesillas

Au retour de Colomb, le Portugal proteste : ces terres nouvelles, dit-il, lui reviennent en vertu d'accords antérieurs. Pour éviter la guerre entre deux royaumes catholiques, le pape Alexandre VI propose dès 1493 un partage, que le Portugal conteste. Les deux couronnes négocient alors directement : le 7 juin 1494, à Tordesillas, elles signent un traité qui partage le monde en deux.

Une ligne sur une carte

Le principe est d'une simplicité renversante : on trace un méridien à 370 lieues à l'ouest des îles du Cap-Vert. Tout ce qui sera découvert à l'ouest est espagnol, tout ce qui sera découvert à l'est est portugais. Deux pays d'Europe se partagent ainsi des continents entiers dont ils ignorent tout, sans que personne ne songe à consulter ceux qui y vivent.

Le Brésil dans la corbeille

Six ans plus tard, en 1500, le Portugais Pedro Álvares Cabral, en route pour l'Inde par le grand arc atlantique, touche une côte inconnue : c'est le Brésil. Il se trouve du côté portugais de la ligne. C'est pour cela que le Brésil parle portugais et le reste de l'Amérique du Sud espagnol. Certains historiens soupçonnent les Portugais d'avoir déjà eu connaissance de ces terres lors de la négociation.

Une ligne impossible à tracer

Le traité ne précise pas la lieue utilisée, et surtout personne ne sait mesurer la longitude en mer. Le prolongement de la ligne de l'autre côté du globe, en Asie, donnera lieu à des décennies de disputes, notamment autour des Moluques, les îles aux épices.

Ce qu'en pensent les autres

Les rois de France et d'Angleterre ignorent tout simplement le traité. François Ier aurait demandé, ironique, à voir « la clause du testament d'Adam » qui excluait les autres souverains du partage du monde. Corsaires français, anglais et hollandais s'installeront de toute façon dans les Caraïbes.