La colonisation européenne (1830-1914)
Au cours du XIXe siècle, les puissances européennes conquièrent d'immenses territoires en Afrique et en Asie. En 1914, l'Europe contrôle environ 60 % des terres du globe. La France constitue le deuxième empire colonial mondial après le Royaume-Uni.
Les motivations de la colonisation
La colonisation répond à plusieurs logiques. Les colonies fournissent des matières premières (caoutchouc, coton, minerais) et constituent de nouveaux marchés pour les produits industriels européens. Elles sont aussi un moyen d'affirmation de puissance entre États européens rivaux. La justification idéologique de la "mission civilisatrice" prétend apporter le "progrès" aux peuples colonisés, argument qui dissimule une hiérarchisation des cultures fondée sur des préjugés racistes.
L'empire colonial français
La France conquiert l'Algérie à partir de 1830, s'étend en Afrique subsaharienne (Sénégal, Côte d'Ivoire) dans les années 1850-1880, en Indochine (Vietnam, Laos, Cambodge) entre 1858 et 1893, en Tunisie (1881), à Madagascar (1896) et au Maroc (1912). En 1914, l'empire français couvre environ 12 millions de km², soit plus de vingt fois la superficie de la France.
La réalité de la domination coloniale
La conquête est imposée par la force militaire. Les résistances sont écrasées. Les populations colonisées subissent une domination politique (privées des droits accordés aux citoyens français), une exploitation économique (les richesses locales partent vers la métropole), des atteintes à leur culture (scolarisation en français, interdiction des pratiques traditionnelles) et le travail forcé dans les plantations et les mines. En France, Jules Ferry défend la colonisation au nom de la mission civilisatrice, tandis que Clemenceau dénonce le racisme sous-jacent de cet argument.