La fin de la guerre et le traité de Versailles
L'armistice du 11 novembre 1918 met fin aux combats de la Première Guerre mondiale après quatre années d'un conflit d'une violence sans précédent. Il est suivi en juin 1919 du traité de Versailles, dont les conditions sévères façonnent l'Europe de l'entre-deux-guerres.
La victoire des Alliés
Au printemps 1918, l'Allemagne lance une série d'offensives décisives sur le front occidental, profitant des renforts libérés par la paix avec la Russie. Ces offensives échouent à atteindre leurs objectifs. À partir de juillet 1918, les Alliés passent à la contre-offensive, appuyés par les nouvelles unités américaines et par l'usage massif de chars d'assaut. L'armée allemande recule sur tout le front. Le 11 novembre 1918, à 11 heures du matin, l'armistice est signé dans un wagon ferroviaire dans la forêt de Compiègne. Les canons se taisent.
Le bilan humain
Le bilan de la guerre est catastrophique. On dénombre environ dix millions de soldats morts et vingt millions de blessés, dont beaucoup restent mutilés à vie. Les "gueules cassées", soldats défigurés par les éclats d'obus, symbolisent la violence nouvelle de ce conflit mécanisé. Des millions de femmes sont veuves, des millions d'enfants orphelins. La grippe espagnole, pandémie qui frappe l'Europe épuisée en 1918-1919, tue encore plusieurs dizaines de millions de personnes supplémentaires à travers le monde.
Le traité de Versailles et ses limites
Le 28 juin 1919, l'Allemagne signe le traité de Versailles, élaboré sans sa participation. Ses conditions sont très sévères : elle est déclarée seule responsable de la guerre et condamnée à verser des réparations financières considérables, elle perd l'Alsace-Lorraine restituée à la France, ses colonies et d'autres territoires, et son armée est limitée à cent mille hommes. Pour éviter de futurs conflits, la Société des Nations (SDN) est créée en 1920 à l'initiative du président américain Wilson. Cependant, les États-Unis eux-mêmes refusent d'y adhérer, et le sentiment d'humiliation nationale que le traité engendre en Allemagne constitue l'un des facteurs qui permettront à Adolf Hitler de prendre le pouvoir en 1933.