1917, l'année du tournant
L'année 1917 constitue un point de bascule dans la Première Guerre mondiale. Deux événements d'envergure mondiale en modifient profondément les équilibres : la Russie sort du conflit après deux révolutions successives, tandis que les États-Unis y entrent. En France, une crise de moral profonde fragilise l'armée.
La sortie de la Russie
Épuisée par trois ans de guerre, des défaites répétées et des millions de morts, la Russie connaît en février 1917 une révolution qui renverse le tsar Nicolas II. Le gouvernement provisoire qui lui succède choisit de maintenir la participation de la Russie à la guerre, décision impopulaire. En octobre 1917, les bolcheviks de Lénine s'emparent du pouvoir et font de la paix immédiate leur première priorité. Le traité de Brest-Litovsk, signé en mars 1918, permet à l'Allemagne de transférer des centaines de milliers de soldats du front oriental vers le front occidental, constituant une menace sérieuse pour les Alliés.
L'entrée des États-Unis
Restés neutres depuis 1914, les États-Unis basculent en avril 1917. La guerre sous-marine totale déclarée par l'Allemagne, qui coule des navires commerciaux américains, et la révélation du télégramme Zimmermann, dans lequel l'Allemagne proposait secrètement au Mexique de l'aider à reconquérir des territoires sur les États-Unis, emportent la décision du président Wilson. Deux millions de soldats américains, les "Doughboys", débarquent progressivement en Europe. Frais, bien équipés et nombreux, ils comblent le déficit humain causé par la sortie de la Russie et donnent aux Alliés un avantage décisif pour 1918.
Le redressement français sous Clemenceau
En France, les mutineries du printemps 1917, provoquées par l'échec sanglant du Chemin des Dames, révèlent la profondeur de la crise. En novembre 1917, Georges Clemenceau est nommé président du Conseil à 76 ans. Surnommé "le Tigre", il mobilise toute son énergie pour galvaniser le pays, visite régulièrement le front, réprime le défaitisme dans la presse et refuse toute paix de compromis. Son autorité contribue à maintenir la France dans le conflit jusqu'à la victoire de novembre 1918.