La vie dans les tranchées

À la fin de 1914, le front occidental se fige sur une ligne de 700 kilomètres allant de la mer du Nord à la frontière suisse. Faute de pouvoir avancer, les deux camps creusent des réseaux de tranchées, galeries dans la terre qui constituent le cadre de vie des soldats pendant plusieurs années.

L'organisation des tranchées

Le système de tranchées est organisé en plusieurs lignes parallèles : une ligne de front où les soldats font face à l'ennemi, une ligne de soutien en arrière, et des zones de ravitaillement plus éloignées. Entre les deux fronts adverses s'étend le "no man's land", terrain dévasté de quelques dizaines à quelques centaines de mètres, criblé d'entonnoirs d'obus et hérissé de barbelés. Traverser cette zone exposée représente une mort quasi certaine. Les soldats français sont appelés les "poilus", par allusion au fait qu'ils n'ont guère le temps de se raser.

Les conditions de vie

La vie dans les tranchées est dominée par des conditions d'une extrême rudesse. La boue envahit tout lors des pluies, le froid est intense en hiver. Les rats pullulent, se nourrissant des réserves et des cadavres. Les poux infestent uniformes et corps. Les obus tombent sans prévenir, et les gaz de combat, introduits en 1915, représentent une menace supplémentaire brûlant les poumons et provoquant des morts atroces. La peur permanente et la mort omniprésente génèrent des traumatismes psychologiques profonds que la médecine de l'époque ne sait pas encore traiter.

Les grandes batailles et les mutineries

Les offensives destinées à rompre le front se soldent par des hécatombes sans résultats décisifs : la bataille de Verdun (février-décembre 1916) fait environ 700 000 victimes des deux côtés, celle de la Somme (juillet-novembre 1916) plus d'un million. Au printemps 1917, après l'échec sanglant de l'offensive du Chemin des Dames, des mutineries éclatent dans de nombreux régiments français. Ces refus d'obéissance, qui expriment l'épuisement des combattants plutôt que la lâcheté, sont contenus par le général Pétain, qui améliore les conditions de vie, multiplie les permissions et limite les attaques inutiles.