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Les corsaires barbaresques
Pendant plus de trois siècles, la Méditerranée a été le terrain d'une guerre de course sans fin entre chrétiens et musulmans. Les plus redoutés étaient les corsaires des ports d'Afrique du Nord, qu'on appelait les Barbaresques.
Les frères Barberousse
Au début du XVIe siècle, deux frères marins venus de l'île grecque de Lesbos, Arudj et Khayr ad-Din, s'installent à Alger. Les chrétiens les surnomment Barberousse, à cause de la barbe rousse d'Arudj. Ils se placent sous la protection du sultan ottoman. Khayr ad-Din devient même le grand amiral de la flotte de Soliman le Magnifique. Alger, Tunis et Tripoli deviennent des provinces ottomanes qui vivent en grande partie de la course.
Des hommes et des femmes capturés
Les Barbaresques attaquent les navires de commerce, mais aussi les côtes d'Italie, d'Espagne et même de France. Ce qu'ils cherchent avant tout, ce sont des captifs. Les uns rament enchaînés sur les galères, les autres travaillent comme esclaves ou domestiques. Les plus riches sont gardés en attendant une rançon. Des centaines de milliers d'Européens ont été capturés entre le XVIe et le XVIIIe siècle. L'écrivain espagnol Cervantes, l'auteur de Don Quichotte, a ainsi passé cinq ans captif à Alger.
Une guerre des deux côtés
La course n'était pas l'affaire d'un seul camp. Les chevaliers de Malte et les corsaires de Livourne, en Italie, capturaient eux aussi des musulmans pour les faire ramer sur leurs galères ou les vendre comme esclaves. Des religieux, comme les Trinitaires, collectaient de l'argent pour racheter les captifs chrétiens. Parfois, des captifs se convertissaient à l'islam et devenaient eux-mêmes corsaires.
La fin de la course barbaresque
À la fin du XVIIIe siècle, les grandes puissances préfèrent payer un tribut pour protéger leurs navires. Les jeunes États-Unis refusent et mènent une guerre contre Tripoli entre 1801 et 1805. En 1830, la France prend Alger, en invoquant notamment la fin de la course. C'est la fin des corsaires barbaresques et le début de la colonisation de l'Algérie.