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La chute de Bagdad

En 1258, Houlagou Khan, petit-fils de Gengis Khan, arrive devant Bagdad avec une immense armée mongole. Le calife al-Musta'sim refuse de se rendre, persuadé que le monde musulman viendra à son secours. Personne ne vient. Après treize jours de siège, la ville tombe.

Une destruction méthodique

Le pillage dure une semaine. Les chroniqueurs parlent de centaines de milliers de morts ; les chiffres anciens sont probablement exagérés, mais l'ampleur du massacre ne fait aucun doute. Les bibliothèques, dont l'héritage de la Maison de la Sagesse, sont détruites : on raconte que le Tigre charria de l'encre pendant des jours. Les canaux d'irrigation, entretenus depuis l'Antiquité, sont endommagés et jamais réparés : la région agricole ne s'en remettra pas avant des siècles.

La fin du califat abbasside

Le calife est exécuté. Selon la tradition mongole, on évitait de verser le sang royal : il aurait été roulé dans un tapis et piétiné par des chevaux. Après cinq siècles, le califat abbasside disparaît. Le monde musulman perd son centre symbolique.

La suite immédiate

Deux ans plus tard, en 1260, les Mongols sont battus à Aïn Djalout, en Palestine, par les Mamelouks d'Égypte. C'est l'un des rares coups d'arrêt à leur expansion. Le centre de gravité du monde musulman se déplace alors vers Le Caire, puis plus tard vers Istanbul avec les Ottomans.

Ce que 1258 ne signifie pas

La science musulmane ne s'arrête pas là. L'astronome Nasir al-Din al-Tusi, présent au siège, obtient de Houlagou la construction d'un grand observatoire à Maragha, dont les modèles planétaires influenceront peut-être Copernic. Mais l'âge d'or de Bagdad, lui, est bel et bien terminé.