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Les conquêtes arabes
À la mort de Mahomet en 632, l'islam ne dépasse guère l'Arabie. Cent ans plus tard, un seul pouvoir s'étend du Portugal à l'Indus et jusqu'aux portes de la Chine. Peu d'expansions ont été aussi rapides dans l'histoire.
Pourquoi si vite ?
Trois raisons. Les deux grandes puissances de la région, l'Empire byzantin et l'Empire perse sassanide, viennent de s'épuiser dans une guerre de près de trente ans. Les populations de Syrie et d'Égypte, taxées lourdement et persécutées pour leurs différences religieuses par Constantinople, ne se battent pas beaucoup pour la défendre. Enfin, les armées arabes sont très mobiles et unies par une conviction neuve.
Comment gouverne-t-on les pays conquis ?
Contrairement à une idée répandue, il n'y a pas de conversion forcée massive : juifs et chrétiens sont des dhimmis, protégés mais soumis à un impôt spécial, la jizya, et à un statut inférieur. Les conversions se font surtout lentement, sur plusieurs siècles, souvent pour des raisons sociales et fiscales. Dans les premiers temps, les califes n'y encouragent guère : chaque converti est un contribuable en moins.
Deux dynasties
Les Omeyyades (661-750), installés à Damas, mènent l'essentiel de l'expansion. Ils sont renversés par les Abbassides, qui déplacent la capitale à Bagdad et ouvrent l'âge d'or scientifique. Un prince omeyyade en fuite parvient jusqu'en Espagne et y fonde un émirat indépendant.
Les limites atteintes
À l'ouest, la poussée vers la Gaule est stoppée par Charles Martel à Poitiers en 732. À l'est, la bataille de Talas en 751 fixe la frontière avec la Chine. Selon la tradition, c'est là que des prisonniers chinois auraient transmis aux Arabes le secret du papier, qui gagnera l'Europe quelques siècles plus tard.