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Mehmed II et la prise de Constantinople

Mehmed II a 21 ans quand il prend Constantinople en 1453. Ce n'est pas un simple chef de guerre : il parle plusieurs langues, lit les auteurs grecs et latins, se passionne pour la géographie, et fera venir le peintre vénitien Gentile Bellini pour faire son portrait : un portrait qui existe toujours, à Londres.

Une victoire technique

Son atout décisif est l'artillerie. Sa grande bombarde, coulée par l'ingénieur hongrois Urban, ouvre des brèches dans des murailles réputées imprenables depuis mille ans. Il fait aussi transporter des navires par voie de terre pour contourner la chaîne fermant la Corne d'Or. Après 53 jours de siège, la ville tombe le 29 mai.

Refaire une capitale

Constantinople est presque vide : sa population était tombée à quelques dizaines de milliers d'habitants. Mehmed veut en refaire une grande capitale. Il y transfère des populations de tout l'empire, invite les Grecs à revenir, rétablit le patriarcat orthodoxe et lui donne autorité sur tous les chrétiens de l'empire, autorise les Juifs et les Arméniens à s'installer. En cinquante ans, la ville redevient l'une des plus peuplées du monde.

Héritier de Rome ?

Mehmed se fait appeler Kayser-i Rum, « César des Romains ». Ce n'est pas de la vanité : maître de Constantinople, il se considère comme le successeur légitime des empereurs, et il fera même préparer des projets sur l'Italie. Il meurt en 1481, alors qu'une armée ottomane venait de prendre pied à Otrante, dans le talon de la botte italienne.

Le monde change

La chute de Constantinople bouleverse l'Europe. Des lettrés grecs émigrent en Italie avec leurs manuscrits et nourrissent la Renaissance. Le commerce avec l'Asie devient plus coûteux, ce qui pousse Portugais et Espagnols à chercher une route maritime, et donc, indirectement, à découvrir l'Amérique.