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Le siège de Vienne de 1683

En juillet 1683, une armée ottomane d'environ 150 000 hommes, commandée par le grand vizir Kara Mustafa, met le siège devant Vienne, capitale des Habsbourg. La ville est défendue par 15 000 hommes. C'est la seconde tentative ottomane, 154 ans après celle de Soliman.

Deux mois de mines et de contre-mines

Les Ottomans ne peuvent pas abattre les fortifications modernes de Vienne à coups de canon : ils creusent donc des galeries pour placer des charges de poudre sous les bastions. Les assiégés creusent en sens inverse pour les intercepter. La ville, affamée et minée, est au bord de l'effondrement début septembre.

La charge des hussards ailés

Le 12 septembre, une armée de secours arrive sur les hauteurs du Kahlenberg : troupes impériales, allemandes, et surtout l'armée polonaise du roi Jean III Sobieski. En fin de journée, une charge de cavalerie massive, menée par les fameux hussards ailés polonais avec leurs grandes armatures de plumes, enfonce le camp ottoman. C'est l'une des plus grandes charges de cavalerie de l'histoire. Kara Mustafa s'enfuit ; il sera exécuté quelques mois plus tard sur ordre du sultan.

Le tournant

Jusqu'alors, les Ottomans avançaient. Après 1683, ils reculent. La Sainte Ligue reprend la Hongrie, et le traité de Karlowitz (1699) est le premier où l'Empire ottoman doit céder d'importants territoires. Il ne redeviendra jamais menaçant pour l'Europe centrale.

Une remarque sur les légendes

On raconte souvent que le croissant et le café viennois viennent de ce siège. Pour le croissant, aucune source de l'époque ne le confirme : la pâtisserie apparaît bien plus tard. Pour le café, on raconte que les sacs abandonnés par l'armée ottomane ont servi à ouvrir la première maison de café de Vienne. En réalité, elle est ouverte en 1685 par un marchand arménien, et les cafés viennois deviendront une véritable institution.