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Le déclin et la fin de l'Empire ottoman

Au XIXe siècle, les diplomates européens surnomment l'Empire ottoman « l'homme malade de l'Europe ». L'expression est cruelle mais résume la situation : un empire immense, affaibli, que ses voisins convoitent tout en craignant que son effondrement ne déclenche une guerre générale. C'est la « question d'Orient ».

Pourquoi le retard ?

L'empire rate le virage de la révolution industrielle. Son système fiscal, fondé sur l'affermage des impôts, s'essouffle. Les Capitulations, autrefois avantage diplomatique, deviennent un carcan : les marchandises européennes entrent avec des droits de douane très faibles et ruinent l'artisanat local. Les dettes contractées auprès des banques européennes aboutissent en 1881 à la mise sous tutelle financière de l'empire.

Les Tanzimat

Les sultans tentent des réformes, les Tanzimat (1839-1876) : égalité juridique de tous les sujets quelle que soit leur religion, armée modernisée, écoles, code de commerce, télégraphe, chemins de fer, et même une brève constitution en 1876. Mais les réformes coûtent cher, mécontentent les conservateurs et ne suffisent pas à retenir les nationalismes.

Le détricotage

Un à un, les territoires partent : indépendance de la Grèce (1830), autonomie puis indépendance de la Serbie, de la Roumanie, de la Bulgarie ; l'Algérie prise par la France en 1830, la Tunisie en 1881, l'Égypte occupée par les Britanniques en 1882, la Libye par l'Italie en 1911. Les guerres balkaniques de 1912-1913 réduisent la présence ottomane en Europe à la région d'Istanbul.

La Première Guerre mondiale

L'empire entre en guerre aux côtés de l'Allemagne. Il résiste victorieusement aux Alliés aux Dardanelles en 1915, mais s'effondre ailleurs. C'est aussi durant cette guerre qu'est perpétré le génocide des Arméniens, qui fait plus d'un million de morts. Vaincu en 1918, l'empire est démembré par les vainqueurs.

1922-1923

Un général, Mustafa Kemal, refuse le partage, gagne une guerre d'indépendance, abolit le sultanat en 1922 puis proclame la République de Turquie en 1923, dont il devient le premier président. Il prendra plus tard le nom d'Atatürk, « père des Turcs ».