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La Grande Muraille de Chine

La Grande Muraille n'est pas un mur, mais des dizaines de murs construits, abandonnés et reconstruits pendant près de deux mille ans. Mis bout à bout, tous ses tronçons dépassent 20 000 kilomètres : la moitié du tour de la Terre.

Se protéger des cavaliers du nord

Au nord de la Chine vivent des peuples nomades, éleveurs et excellents cavaliers, comme les Xiongnu puis plus tard les Mongols. Leurs raids sont rapides et imprévisibles. La muraille ne sert pas tant à les arrêter qu'à les ralentir : avec leurs chevaux et leur butin, ils ne peuvent pas franchir un mur, et le temps qu'ils cherchent un passage, les signaux de fumée ont prévenu les garnisons.

Un chantier terrible

Qin Shi Huang relie le premier les murs existants, avec des centaines de milliers de travailleurs forcés, soldats et condamnés. Beaucoup meurent sur place ; une légende raconte qu'ils sont enterrés dans le mur, ce que l'archéologie n'a pas confirmé. La muraille que visitent les touristes aujourd'hui, en pierre et en brique, avec ses tours de guet, date surtout de la dynastie Ming (1368-1644).

Une idée fausse à corriger

Non, on ne voit pas la Grande Muraille depuis la Lune. Elle est très longue, mais large de quelques mètres seulement : à cette distance, autant espérer voir un cheveu à un kilomètre. Les astronautes eux-mêmes ont confirmé qu'elle est presque impossible à distinguer, même depuis l'orbite basse.

A-t-elle servi ?

Pas toujours. À partir de 1211, les Mongols de Gengis Khan la franchissent ou la contournent ; en 1644, un général chinois ouvre lui-même une porte aux Mandchous. Un mur ne vaut jamais mieux que les hommes qui le gardent.