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La conquête de l'Algérie
L'Algérie est la première grande conquête coloniale de la France au XIXe siècle. C'est aussi celle qui a duré le plus longtemps et marqué le plus profondément les deux pays.
La prise d'Alger
Au début du XIXe siècle, Alger est une province de l'Empire ottoman, gouvernée par un dey. Ses corsaires ont longtemps attaqué les navires chrétiens. En 1827, lors d'une dispute sur une vieille dette, le dey frappe le consul de France avec un chasse-mouches. Le roi Charles X, impopulaire, cherche un succès militaire. Le 5 juillet 1830, une armée française débarquée près de la ville prend Alger.
Abd el-Kader résiste
La France hésite d'abord, puis décide de conquérir tout le pays. Elle se heurte à une forte résistance, menée par un jeune chef religieux et militaire, l'émir Abd el-Kader. Il unit de nombreuses tribus et organise un véritable État. Pendant quinze ans, il tient tête aux Français. Il ne se rend qu'en 1847.
Une guerre très violente
Pour venir à bout de la résistance, le général Bugeaud mène une guerre de destruction. Ses troupes pratiquent la razzia : elles brûlent les récoltes, abattent les arbres fruitiers et prennent le bétail pour affamer les populations. En 1845, des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants réfugiés dans des grottes du Dahra meurent asphyxiés par des feux allumés à l'entrée. Ces violences ont été dénoncées dès l'époque, y compris en France.
Une colonie de peuplement
L'Algérie devient une colonie de peuplement : des colons venus de France, d'Espagne, d'Italie ou de Malte s'y installent sur des terres confisquées aux Algériens. En 1848, son nord est découpé en trois départements français. En 1871, une grande révolte en Kabylie est durement réprimée. Les Algériens musulmans restent des sujets, sans les droits des citoyens français. Cette inégalité est à l'origine de la guerre d'indépendance qui éclatera en 1954.