La Révolution Religieuse d'Akhenaton
Entre -1353 et -1336 avant J.-C., le pharaon Akhenaton (né Amenhotep IV) entreprit une rupture religieuse sans précédent dans l'histoire de l'Égypte. Alors que les Égyptiens vénéraient un panthéon de centaines de dieux depuis des millénaires, il imposa le culte exclusif d'Aton, le disque solaire, fermant les temples des autres divinités et faisant effacer leurs noms des monuments. C'est l'une des premières tentatives de monothéisme documentées dans l'histoire humaine.
Une nouvelle capitale, un nouvel art
Akhenaton abandonna Thèbes, capitale traditionnelle et siège du puissant clergé d'Amon, pour fonder une ville entièrement nouvelle en plein désert : Akhetaton (aujourd'hui Tell el-Amarna). Il y vécut avec sa célèbre épouse Néfertiti. L'art de cette période rompit également avec les canons millénaires : les représentations idéalisées et rigides laissèrent place à des visages allongés, des corps au naturel, et des scènes de vie familiale inédites pour un pharaon. Le célèbre buste de Néfertiti, découvert en 1912, est l'un des chefs-d'œuvre de l'art mondial.
Un bilan ambigu
La nature exacte de la révolution atonienne reste débattue par les historiens : s'agissait-il d'une véritable conviction religieuse ou d'une stratégie politique pour affaiblir la puissante caste des prêtres d'Amon ? Les deux explications ne sont pas exclusives. En tout état de cause, la réforme généra une résistance profonde dans la société égyptienne, notamment au sein du clergé et de l'armée.
Le retour à l'ordre traditionnel
À la mort d'Akhenaton, son jeune fils Toutânkhamon monta sur le trône à neuf ans et rétablit rapidement le culte des anciens dieux. La ville d'Akhetaton fut abandonnée, le nom d'Akhenaton fut systématiquement effacé des monuments, et ses successeurs l'exclurent des listes royales officielles. Il fallut attendre les fouilles archéologiques du XIXe siècle pour que ce pharaon hors norme soit sorti de l'oubli.