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Vichy, la République abolie (1940-1944)
Entre la IIIe et la IVe République, il y a un trou de quatre ans. Pendant ce temps, la France n'est plus une république : elle devient l'État français, un régime autoritaire installé dans la ville thermale de Vichy.
La fin de la IIIe République
En juin 1940, l'armée française est battue par l'Allemagne nazie. Le maréchal Philippe Pétain, héros de la Première Guerre mondiale, signe l'armistice. Le nord et l'ouest du pays sont occupés. Le 10 juillet 1940, les députés et les sénateurs, réunis à Vichy, votent les pleins pouvoirs à Pétain par 569 voix contre 80. Le lendemain, il se proclame « chef de l'État français ».
Un régime sans libertés
Il n'y a plus d'élections et le Parlement ne se réunit plus. Les partis et les syndicats sont interdits, la presse est censurée. La devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est remplacée par « Travail, Famille, Patrie ». Le régime choisit la collaboration avec l'Allemagne. Dès octobre 1940, il exclut les Juifs de nombreux métiers par un statut des Juifs. À partir de 1942, sa police participe aux rafles qui conduisent à la déportation de près de 76 000 Juifs de France.
La République continue ailleurs
Depuis Londres, le général de Gaulle refuse la défaite dès le 18 juin 1940. Sa France libre et la Résistance intérieure se battent au nom de la République. En 1944, le pays est libéré.
« La République n'a jamais cessé d'exister »
Le 9 août 1944, une ordonnance du gouvernement provisoire déclare que la République n'a jamais cessé d'exister en droit. Toutes les lois de Vichy sont annulées. C'est pourquoi on ne parle pas de « nouvelle » République en 1944, mais du rétablissement de la légalité républicaine. Il faudra attendre 1946 pour que les Français votent la Constitution de la IVe République.