La IIIe République (1870-1940)

La Troisième République est le régime le plus long de l'histoire de France moderne, soixante-dix ans. Née dans la défaite militaire face à la Prusse, elle finit par enraciner solidement les valeurs républicaines dans la vie des Français.

Des débuts difficiles

Le 4 septembre 1870, la République est proclamée après la défaite de l'armée française face à la Prusse, mais elle met du temps à s'imposer face aux partisans du roi et de l'Église qui veulent restaurer la monarchie : la République finit par l'emporter de justesse.

Les grandes réformes républicaines

Jules Ferry et les républicains font voter des réformes fondamentales : l'école gratuite, laïque et obligatoire entre 1881 et 1882, qui impose à tous les enfants de 6 à 13 ans, riches ou pauvres, un enseignement neutre en matière de religion, la liberté de la presse en 1881, le droit de faire grève et de créer des syndicats en 1884, et enfin la séparation des Églises et de l'État en 1905, qui met fin au financement public des cultes religieux et fonde la laïcité française.

L'affaire Dreyfus (1894-1906)

Une grande crise secoue la France : le capitaine Alfred Dreyfus, un officier juif, est accusé à tort d'espionnage pour l'Allemagne et envoyé au bagne, et l'écrivain Émile Zola publie sa lettre célèbre « J'accuse ! » pour le défendre. La France se divise entre dreyfusards, qui défendent Dreyfus et la justice, et antidreyfusards, nationalistes et antisémites, jusqu'à ce que Dreyfus soit finalement innocenté en 1906.

La chute en 1940

Après la défaite face à l'Allemagne nazie en juin 1940, le Parlement vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940 : la IIIe République s'effondre et laisse place au régime de Vichy. Son héritage reste immense, puisqu'elle a construit l'école républicaine et la laïcité qui font encore la fierté des Français aujourd'hui.