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L'invention de l'écriture cunéiforme

Vers -3300, les comptables des temples d'Ourouk ont un problème très concret : comment se souvenir de qui a livré combien de moutons ? Ils commencent par dessiner sur de l'argile molle un petit mouton et des traits pour le nombre. C'est le début de l'écriture, et elle n'a pas été inventée pour raconter des histoires mais pour tenir des comptes.

Des dessins aux coins

Au début, les signes sont des dessins. Mais tracer une courbe dans l'argile humide est long et peu précis. Les scribes passent donc à un roseau taillé en biseau qu'ils enfoncent dans la tablette : chaque coup laisse une marque en forme de coin. On appelle cette écriture le cunéiforme, du latin cuneus, « le coin ». Les signes deviennent abstraits : plus personne ne reconnaît le mouton d'origine.

Un métier difficile

Apprendre le cunéiforme prend des années, car il faut retenir plusieurs centaines de signes. Les scribes sont formés dans des écoles appelées « maisons des tablettes », où l'on recopie sans fin des listes de mots. Savoir écrire est un vrai pouvoir : le scribe est un personnage respecté, souvent bien payé.

Un cadeau pour les archéologues

L'argile a un énorme avantage sur le papyrus ou le papier : quand une ville brûle, les tablettes cuisent au lieu de disparaître. C'est pour cela que nous avons retrouvé des centaines de milliers de textes mésopotamiens (factures, contrats, lettres, recettes de cuisine et poèmes), alors que presque tout le reste a disparu.