La condition ouvrière au XIXe siècle
La révolution industrielle produit une nouvelle classe sociale, le prolétariat, dont les conditions de vie et de travail constituent la "question sociale" du XIXe siècle. Ces conditions se transforment lentement sous l'effet des luttes ouvrières et d'une législation progressive.
Des conditions de travail très dures
Au début du XIXe siècle, les ouvriers travaillent 12 à 15 heures par jour, six jours sur sept, sans protection en cas d'accident ou de maladie. Des enfants de 5 à 6 ans travaillent dans les mines et les usines textiles. Les femmes et les enfants reçoivent des salaires inférieurs à ceux des hommes adultes pour le même travail. Les logements ouvriers dans les quartiers industriels sont surpeuplés, sans eau courante ni chauffage.
Des lois progressives
Sous la pression des luttes ouvrières, la législation évolue : la loi de 1841 interdit le travail des enfants de moins de 8 ans dans les manufactures, le droit de grève est légalisé en 1864, la loi Waldeck-Rousseau de 1884 autorise les syndicats, la loi de 1898 impose l'indemnisation des accidents du travail, et la loi de 1906 instaure un jour de repos hebdomadaire obligatoire.
L'organisation du mouvement ouvrier
Les ouvriers s'organisent collectivement pour améliorer leur condition. La CGT (Confédération générale du travail) est fondée en 1895. Les grèves se multiplient pour obtenir des augmentations de salaires et de meilleures conditions. Le courant socialiste, qui dénonce l'exploitation des travailleurs et propose une réorganisation économique fondée sur la justice sociale, prend de l'ampleur. Jean Jaurès fonde en 1905 la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière).