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L'alphabet phénicien

Les lettres que tu lis en ce moment ont une très longue histoire. Leur lointain ancêtre est l'alphabet mis au point par les Phéniciens il y a environ trois mille ans.

Avant l'alphabet

Il existait déjà des écritures depuis près de deux mille ans : le cunéiforme en Mésopotamie et les hiéroglyphes en Égypte. Mais elles comptaient des centaines de signes, qui représentaient des mots ou des syllabes. Seuls des spécialistes, les scribes, mettaient des années à les apprendre.

Un signe pour chaque son

L'idée géniale de l'alphabet est de découper les mots en sons simples et de donner un signe à chacun. Avec seulement 22 lettres, on peut écrire n'importe quel mot. L'alphabet phénicien ne notait que les consonnes : le lecteur devinait les voyelles, comme quand on écrit « bjr » pour « bonjour ». Il s'écrivait de droite à gauche. L'une des plus anciennes inscriptions connues est gravée sur le sarcophage d'Ahiram, roi de Byblos, vers l'an 1000 avant J.-C.

Des lettres qui ont voyagé

Pour des marchands, cette écriture simple était idéale : elle permettait de tenir des comptes et d'écrire des contrats. En commerçant avec les Phéniciens, d'autres peuples l'ont adoptée. Vers le VIIIe siècle avant J.-C., les Grecs la reprennent et y ajoutent des signes pour les voyelles. Les Étrusques puis les Romains la transforment à leur tour, et cela donne l'alphabet latin que nous utilisons aujourd'hui.

Des traces dans nos lettres

On retrouve encore les Phéniciens dans nos mots. La première lettre, aleph, voulait dire « bœuf » et représentait une tête de bœuf. La deuxième, beth, voulait dire « maison ». Chez les Grecs, elles sont devenues alpha et bêta, qui ont donné le mot « alphabet ». Les alphabets hébreu et arabe descendent aussi de l'écriture phénicienne.