La monarchie constitutionnelle (1789-1792)

Entre 1789 et 1792, la France tente un régime intermédiaire : conserver la monarchie tout en la limitant par une constitution. Cette première expérience constitutionnelle s'achève par la chute du roi en août 1792.

La Constitution de 1791

La Constitution du 3 septembre 1791 organise la France selon le principe de séparation des pouvoirs : l'Assemblée législative fait les lois, le roi les applique et dispose d'un droit de veto suspensif, les juges rendent la justice. Le suffrage censitaire (droit de vote réservé aux contribuables au-dessus d'un certain seuil d'imposition) exclut encore une grande partie de la population masculine.

Les réformes de la période

L'Assemblée conduit de profondes transformations. Le territoire est redécoupé en 83 départements qui remplacent les anciennes provinces, découpage encore en vigueur aujourd'hui. Le clergé est soumis à la Constitution civile (les prêtres deviennent fonctionnaires de l'État), mesure qui provoque une division durable entre prêtres "jureurs" et "réfractaires". Le système métrique décimal est adopté.

La fuite à Varennes et la chute de la monarchie

En juin 1791, Louis XVI fuit secrètement Paris avec sa famille pour rejoindre des armées étrangères. Arrêté à Varennes, il est ramené à Paris, discrédité. En avril 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche. Face aux défaites et aux accusations de trahison, le palais des Tuileries est envahi le 10 août 1792 : Louis XVI est suspendu puis emprisonné. La monarchie constitutionnelle prend fin.