L'héritage de la Révolution et de l'Empire
La période 1789-1815 laisse des héritages durables dans les domaines politique, juridique, administratif et symbolique, tout en comportant des zones d'ombre significatives.
La rupture politique et juridique
La Révolution renverse l'ordre politique de l'Ancien Régime. La Déclaration des droits de l'homme (1789) proclame l'égalité en droit et la souveraineté nationale. Le Code civil (1804) unifie le droit des personnes et des biens, garanti encore en France et dans plusieurs dizaines de pays qui s'en sont inspirés. La société d'ordres héritée du Moyen Âge et les privilèges féodaux sont abolis de manière définitive.
Les institutions durables
Napoléon lègue à la France un ensemble d'institutions qui structurent encore l'État : les préfets dans chaque département, la Banque de France, les lycées comme piliers du système éducatif national, le Conseil d'État qui conseille le gouvernement sur les textes légaux, et la Légion d'honneur. Ces institutions traversent les régimes politiques successifs.
Les symboles et les limites
La Révolution crée les symboles fondateurs de l'identité française : le drapeau tricolore, la devise "Liberté, Égalité, Fraternité", La Marseillaise comme hymne national et le 14 juillet comme fête nationale. Ces acquis s'accompagnent cependant de limites importantes : les femmes restent exclues des droits politiques jusqu'en 1944, Napoléon rétablit l'esclavage dans les colonies en 1802 (aboli en 1794), et les guerres de l'Empire causent plus d'un million de morts français.