L'édit de Nantes (1598)

Le 13 avril 1598, le roi Henri IV signe l'édit de Nantes, qui met fin à plus de trente-cinq ans de guerres de religion en France et accorde aux protestants (appelés huguenots) une série de droits civils et religieux.

Le contexte des guerres de religion

Depuis 1562, la France est déchirée par des conflits armés entre catholiques et protestants. Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572), au cours duquel plusieurs milliers de huguenots sont tués à Paris et en province, est l'épisode le plus violent de cette période. Henri IV lui-même, alors Henri de Navarre, prince protestant, échappe au massacre en abjurant provisoirement. Pour accéder au trône de France en 1589, il se convertit définitivement au catholicisme en 1593, selon la formule qui lui est attribuée : "Paris vaut bien une messe."

Le contenu de l'édit

L'édit de Nantes accorde aux protestants la liberté de conscience dans tout le royaume, la liberté de culte dans les villes et régions déjà pratiquantes, l'égalité d'accès aux charges publiques et le contrôle de certaines places fortes (dites "de sûreté") comme La Rochelle, Montauban et Nîmes.

Un texte fondateur, mais fragile

L'édit de Nantes est l'un des premiers textes de tolérance religieuse institutionnalisée en Europe. Il rétablit la paix intérieure mais représente un compromis fragile : les places de sûreté protestantes seront supprimées dès 1629 sous Richelieu, et l'édit lui-même est révoqué par Louis XIV en 1685, provoquant l'exil de plusieurs centaines de milliers de huguenots.