La montée des totalitarismes
Entre 1922 et 1939, trois grands pays européens basculent dans des régimes que les historiens désignent comme totalitaires : l'Italie sous Mussolini, l'Allemagne sous Hitler, et l'URSS sous Staline. Ces régimes partagent des caractéristiques communes tout en présentant des idéologies distinctes.
Les caractéristiques communes
Un régime totalitaire se définit par la volonté d'un parti unique de contrôler l'ensemble de la vie sociale, politique et culturelle. Les partis d'opposition sont interdits, la presse est censurée, une police politique surveille et réprime les dissidents. La propagande utilise les médias, l'école, les organisations de jeunesse et les cérémonies pour souder la population autour du chef et de l'idéologie officielle. Ces régimes s'appuient sur la mobilisation des masses, non sur leur participation politique libre.
Le fascisme et le nazisme
Benito Mussolini prend le pouvoir en Italie en 1922, fondant le fascisme sur le nationalisme exacerbé, le culte du chef ("Duce") et la violence politique. Adolf Hitler accède à la chancellerie allemande en janvier 1933 et instaure le nazisme, qui ajoute au fascisme une dimension raciste centrale : la supériorité supposée de la "race aryenne" et la désignation des Juifs comme ennemis à éliminer. Cette idéologie antisémite sera à l'origine de la Shoah.
Le stalinisme soviétique
En URSS, Joseph Staline consolide son pouvoir à partir de 1924. Son régime se distingue par une idéologie communiste qui justifie la collectivisation forcée de l'agriculture (provoquant des famines, notamment en Ukraine en 1932-1933) et l'élimination des opposants réels ou supposés dans les "Grandes Purges" des années 1937-1938. Des millions de personnes sont envoyées dans des camps de travail (goulags) en Sibérie. Bien que différent dans son idéologie du fascisme, le stalinisme présente les mêmes caractéristiques de contrôle total de la société.
Les conditions d'émergence
Ces régimes naissent dans le contexte de sociétés traumatisées par la Première Guerre mondiale et déstabilisées par la crise économique de 1929. Le chômage massif, la frustration nationale (particulièrement forte en Allemagne après les conditions du traité de Versailles) et la faiblesse des démocraties parlementaires créent les conditions dans lesquelles des mouvements extrémistes peuvent s'emparer du pouvoir en promettant l'ordre et la grandeur nationale.