L'entre-deux-guerres (1918-1939)

L'entre-deux-guerres désigne la période de vingt et un ans qui sépare l'armistice du 11 novembre 1918 et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale le 1er septembre 1939. Cette période se divise en trois phases aux caractères très contrastés : une décennie de reconstruction et d'illusions, une crise économique et politique majeure, puis une marche inexorable vers un nouveau conflit.

La reconstruction et les illusions (1918-1929)

La fin de la Première Guerre mondiale laisse l'Europe dévastée. Le traité de Versailles (juin 1919) impose à l'Allemagne des réparations considérables et une restriction de ses forces militaires, ce qui engendre des ressentiments durables. La Société des Nations (SDN) est créée pour régler les différends internationaux par la diplomatie et prévenir de nouveaux conflits. Les années 1920, marquées par une relative prospérité économique, voient l'essor des cultures urbaines et une libéralisation des modes de vie : on les appelle les "Années folles".

La crise et la montée des extrêmes (1929-1936)

Le krach boursier de Wall Street d'octobre 1929 déclenche une crise économique mondiale d'une ampleur sans précédent. Le chômage massif, la misère et l'instabilité politique favorisent l'émergence de régimes totalitaires en Europe : le fascisme de Mussolini est déjà au pouvoir en Italie depuis 1922, le nazisme d'Adolf Hitler s'impose en Allemagne en 1933, tandis que Staline consolide sa dictature en URSS. En France, la crise nourrit les extrémismes et provoque les émeutes du 6 février 1934. C'est dans ce contexte que se forme le Front populaire, coalition de gauche qui remporte les élections de mai 1936.

La marche vers la guerre (1936-1939)

À partir de 1936, Hitler procède à des annexions successives en violation du traité de Versailles : remilitarisation de la Rhénanie (1936), annexion de l'Autriche (Anschluss, mars 1938), puis intégration des Sudètes tchécoslovaques après les accords de Munich de septembre 1938. Les démocraties française et britannique, épuisées et cherchant à éviter une nouvelle guerre, pratiquent une politique d'apaisement qui se révèle une grave erreur de calcul. En août 1939, le pacte germano-soviétique entre Hitler et Staline ouvre la voie à l'invasion de la Pologne le 1er septembre 1939, qui entraîne la déclaration de guerre franco-britannique deux jours plus tard.