Les Années folles (1920-1929)
Les années 1920 constituent une période de relative prospérité et de transformation culturelle profonde, notamment en Europe occidentale et aux États-Unis. Dans les grandes villes, l'économie repart après les destructions de la guerre et une partie de la population connaît une amélioration de ses conditions de vie. C'est dans ce contexte que naît ce qu'on appelle les "Années folles", expression d'une modernité culturelle et sociale marquée par la rupture avec le monde d'avant-guerre.
Les transformations sociales
La Première Guerre mondiale avait conduit de nombreuses femmes à occuper des emplois industriels ou administratifs auparavant réservés aux hommes. Après le conflit, une partie d'entre elles refuse de revenir à la situation antérieure. La décennie 1920 voit ainsi une évolution visible des modes de vie féminins dans les milieux urbains : nouvelles coiffures, vêtements moins contraignants, accès à des professions libérales, présence dans les espaces publics. Cette évolution reste cependant inégale et limitée à certaines catégories sociales.
Les nouvelles formes culturelles
Le jazz, venu des États-Unis et fortement marqué par les héritages musicaux africains-américains, se diffuse dans les cabarets et salles de danse européens. Paris devient l'une de ses capitales, accueillant notamment Joséphine Baker. Le cinéma, encore muet, connaît un essor considérable. L'Art déco s'impose comme style architectural et décoratif, caractérisé par des formes géométriques et des matériaux modernes. La radio entre progressivement dans les foyers.
Une prospérité fragile
La prospérité des années 1920 repose en partie sur la spéculation financière, particulièrement intense aux États-Unis où de nombreux particuliers investissent leurs économies en bourse dans l'espoir de gains rapides. Cette dynamique crée une bulle financière dont les bases sont fragiles. En octobre 1929, le krach de Wall Street met brutalement fin aux Années folles et plonge le monde dans une crise économique sans précédent.