Colbert et le mercantilisme (1661-1683)

Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) est le principal architecte de la politique économique de Louis XIV. Contrôleur général des finances à partir de 1665, il dirige également la marine, les manufactures, les bâtiments du roi et les arts. Sa politique, souvent désignée sous le nom de colbertisme, est une version française du mercantilisme.

Les principes du mercantilisme

Pour Colbert, la richesse d'un État se mesure à la quantité d'or et d'argent qu'il accumule. Il en découle une politique précise : favoriser les exportations, limiter les importations par des taxes protectionnistes et produire en France ce que l'on achetait à l'étranger. Colbert commence par assainir les finances du royaume, corrompues sous la gestion de son prédécesseur Fouquet, condamné en 1661.

Les réalisations

Colbert crée plusieurs manufactures royales : les Gobelins pour les tapisseries, Saint-Gobain pour les glaces (dont celles de la galerie des Glaces à Versailles), Beauvais pour les tapis. Il développe la marine royale (de 18 à 276 navires), fonde la Compagnie des Indes orientales (1664), finance le canal du Midi (1681) reliant l'Atlantique à la Méditerranée et crée l'Académie des sciences (1666).

Les limites

Malgré ces réalisations, la politique de Colbert se heurte aux guerres incessantes de Louis XIV, qui engloutissent les ressources accumulées. À la mort de Colbert en 1683, les finances royales commencent déjà à se dégrader. À la fin du règne en 1715, elles sont en ruine, et la population subit famines et impôts écrasants. Le mercantilisme a enrichi la France en temps de paix, mais les guerres ont détruit cette prospérité.