Guillaume II est le dernier Kaiser (empereur) d'Allemagne, né en 1859 à Berlin et décédé en 1941 aux Pays-Bas. Il règne de 1888 à 1918 et conduit l'Allemagne dans la Première Guerre mondiale par une politique étrangère agressive qui isole progressivement son empire sur la scène internationale.

Identité et rôle

Petit-fils de l'impératrice britannique Victoria et neveu du roi Édouard VII, Guillaume II monte sur le trône en 1888. L'une de ses premières décisions est de renvoyer le chancelier Bismarck en 1890 pour conduire lui-même la politique étrangère. Il développe la "Weltpolitik" (politique mondiale), stratégie visant à faire de l'Allemagne une puissance mondiale comparable à l'Empire britannique, notamment par la construction d'une flotte de guerre puissante.

Période de vie

Sa politique navale et ses discours provocateurs créent des tensions répétées avec l'Angleterre et la France dans les années 1900-1910. En 1914, après l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, il donne à l'Autriche-Hongrie un "chèque en blanc", engagement de soutien inconditionnel qui lui permet de lancer un ultimatum à la Serbie sans restriction. Cette décision est l'un des facteurs déclencheurs de la généralisation du conflit. Le 9 novembre 1918, son abdication est proclamée par le chancelier Max de Bade, sans son accord préalable. Il s'exile aux Pays-Bas, où il demeure jusqu'à sa mort en 1941.

Actions majeures

Le "chèque en blanc" à l'Autriche-Hongrie en juillet 1914 est la décision la plus lourde de conséquences de son règne. Pendant la guerre, il approuve le plan Schlieffen d'invasion de la France via la Belgique neutre, ce qui provoque l'entrée en guerre du Royaume-Uni. En 1917, il autorise la guerre sous-marine totale contre tous les navires approvisionnant les Alliés, décision qui précipite l'entrée en guerre des États-Unis et se révèle désastreuse pour l'Allemagne.

Influence historique

La responsabilité personnelle de Guillaume II dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale fait l'objet de débats historiques depuis un siècle. Si les historiens contemporains tendent à distribuer les responsabilités entre plusieurs puissances, le traité de Versailles (1919) le désignait comme l'un des principaux responsables du conflit. Son abdication et l'effondrement de l'Empire allemand ouvrent la voie à la République de Weimar, dont la fragilité conduira à la montée du nazisme.

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