Les Druides et la Religion Gauloise
La religion gauloise est polythéiste et étroitement imbriquée dans la vie sociale et politique. Son originalité réside dans la place centrale occupée par les druides, ordre sacerdotal qui cumule fonctions religieuses, judiciaires et intellectuelles, et dont l'autorité transcende les frontières entre peuples rivaux.
Les druides, prêtres, juges et savants
Le mot "druide" est d'origine celtique, probablement lié au chêne sacré. Issus des familles nobles, les druides ne sont rattachés à aucun peuple en particulier : tous les Gaulois les respectent et leur doivent obéissance dans le domaine religieux. Leur formation dure vingt ans, entièrement transmise à l'oral car il est interdit de coucher par écrit les connaissances sacrées. Ils dirigent les cérémonies, rendent la justice entre tribus, conseillent les chefs et éduquent les fils de nobles. Leur sanction suprême est l'exclusion des rites religieux, équivalant à une mort sociale.
Les dieux et les lieux sacrés
Le panthéon gaulois est riche et varié. Lug, dieu des arts et de la lumière, donne son nom à Lyon (Lugdunum). Taranis, dieu du tonnerre, est représenté avec une roue. Cernunnos, dieu des animaux, porte des cornes de cerf. Épona, déesse des chevaux, sera adoptée par les soldats romains eux-mêmes. Le culte se pratique dans des forêts sacrées, près des sources et des rivières, ou dans de petits sanctuaires carrés appelés fana. Les offrandes comprennent animaux, bijoux et armes, parfois jetés dans les lacs ou rivières. Un calendrier élaboré organise les fêtes saisonnières : Samain (automne), Imbolc (hiver), Beltaine (printemps) et Lugnasad (été).
Le déclin du druidisme
La conquête romaine marque la fin progressive de l'institution druidique. L'empereur Claude en interdit officiellement la pratique vers 50 après J.-C. Le druidisme disparaît en tant qu'institution, mais certains de ses éléments (fêtes saisonnières, vénération des sources, croyances en l'au-delà) se perpétuent dans les traditions populaires et s'intègrent partiellement au christianisme médiéval.