La Transformation des Villes Gauloises (Ier-IIIe siècles après J.-C.)

La romanisation de la Gaule se lit d'abord dans le paysage urbain. Les oppida gaulois, villes fortifiées perchées sur des hauteurs, sont progressivement abandonnés au profit de villes nouvelles construites dans les plaines selon le modèle romain, plus adapté aux échanges commerciaux et à l'administration.

De l'oppidum à la ville de plaine

Les transferts de population sont nombreux et bien documentés : Bibracte (sur le Mont Beuvray) est remplacée par Autun dans la vallée, Gergovie par Clermont-Ferrand, l'île de la Cité par la rive gauche de la Seine pour former Lutèce (Paris). Chaque nouvelle ville gallo-romaine reprend le même plan orthogonal avec ses équipements standardisés : le forum (place publique, justice, commerce), les thermes publics, le théâtre, l'amphithéâtre et l'aqueduc.

Les grandes villes de la Gaule romaine

Lyon (Lugdunum), capitale des Gaules, compte entre 50 000 et 100 000 habitants et dispose de quatre aqueducs. Nîmes (Nemausus) conserve ses Arènes, sa Maison Carrée et le Pont du Gard. Arles est un port fluvial majeur sur le Rhône. Paris (Lutetia), encore modeste (environ 8 000 habitants), laisse des traces visibles dans les Thermes de Cluny et les Arènes de Lutèce. Reims (Durocortorum) est la capitale du nord, dotée d'une porte monumentale encore debout.

Un mélange de cultures

La vie urbaine romaine transforme les habitudes gauloises : adoption des thermes, de l'huile d'olive, du latin commercial, des spectacles de gladiateurs. Mais les Gaulois ne s'effacent pas : leur artisanat, leurs divinités et leurs traditions perdurent, souvent intégrées dans des formes romaines. Ce mélange aboutit à la civilisation gallo-romaine, ni purement romaine ni purement gauloise.