Mikhaïl Gorbatchev est le dernier dirigeant de l'Union soviétique, de 1985 à 1991, né en 1931 à Privolnoïe et mort en 2022. Ses réformes, la glasnost (transparence) et la perestroïka (restructuration), lancées pour sauver l'URSS, aboutissent à sa dissolution : prix Nobel de la paix en 1990, il est l'homme qui a mis fin à la Guerre froide.
Identité et rôle
Né dans une famille de paysans russes, Gorbatchev gravit tous les échelons du Parti communiste : diplômé de droit de l'université de Moscou, il attire l'attention des dirigeants en tant que secrétaire du Parti à Stavropol, devient membre du Politburo à 49 ans, puis est élu secrétaire général en mars 1985, à 54 ans, ce qui fait de lui le plus jeune dirigeant soviétique depuis Staline.
Période de vie
Gorbatchev hérite d'une URSS en stagnation, dont l'économie décline face à la course aux armements américaine, que la catastrophe de Tchernobyl d'avril 1986 révèle incapable de gérer ses propres erreurs, et qui s'enlise dans la guerre d'Afghanistan depuis 1979. Il lance alors deux réformes majeures : la glasnost, qui permet pour la première fois aux Soviétiques de lire des journaux indépendants et de connaître les crimes du passé soviétique, et la perestroïka, une réforme économique qui introduit timidement la propriété privée et décentralise les décisions ; les deux réformes libèrent des forces que Gorbatchev ne peut bientôt plus contrôler.
Actions majeures
En 1989, Gorbatchev annonce que l'URSS ne maintiendra plus par la force ses alliés d'Europe de l'Est : la Pologne organise des élections libres remportées par Solidarność, la Hongrie ouvre sa frontière avec l'Autriche, le Mur de Berlin tombe le 9 novembre 1989 sans que Gorbatchev n'ordonne de tirer, et les régimes communistes de Tchécoslovaquie, de Bulgarie et de Roumanie s'effondrent en quelques semaines. En 1990, il accepte la réunification allemande au sein de l'OTAN, en échange d'assurances verbales que l'Alliance ne s'étendrait pas vers l'Est, et reçoit en 1990 le prix Nobel de la paix pour avoir mis fin à la Guerre froide sans effusion de sang.
Influence historique
En août 1991, des conservateurs du Parti tentent un coup d'État contre Gorbatchev pendant ses vacances en Crimée ; Boris Eltsine monte sur un char devant le Parlement russe pour appeler à la résistance, et le putsch échoue en trois jours, mais le Parti communiste est dissous et Gorbatchev perd toute autorité. Le 8 décembre 1991, la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie proclament la dissolution de l'URSS, et le 25 décembre, Gorbatchev démissionne tandis que le drapeau soviétique est abaissé du Kremlin. Gorbatchev est une figure tragique : adulé en Occident, il reste profondément impopulaire en Russie pour avoir « perdu » l'URSS, et meurt en 2022, quelques mois après l'invasion de l'Ukraine par Poutine, l'antithèse de ce qu'il avait construit.
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