Kofi Annan est un diplomate ghanéen né en 1938 à Kumasi et décédé en 2018. Il exerce les fonctions de septième secrétaire général des Nations Unies de 1997 à 2006, étant le premier à avoir été choisi parmi les fonctionnaires de l'organisation. Il reçoit le prix Nobel de la Paix en 2001, conjointement avec l'ONU.

Identité et rôle

Né dans une famille noble de la région Ashanti au Ghana, Annan poursuit des études d'économie au Ghana, puis aux États-Unis (Macalester College, Minnesota) et en Suisse (Institut universitaire de hautes études internationales de Genève). Il rejoint le secrétariat de l'ONU dès 1962 et gravit progressivement les échelons, devenant notamment sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, poste depuis lequel il supervise les missions de casques bleus au cours des années 1990.

Période de vie

Avant sa nomination à la tête de l'ONU, Annan est au premier rang lors de deux tragédies : le génocide du Rwanda en 1994 (800 000 morts en cent jours, sans intervention internationale) et le massacre de Srebrenica en 1995 (8 000 Bosniaques tués sous les yeux de casques bleus). Il reconnaîtra plus tard que l'ONU avait échoué dans ces deux crises. Élu secrétaire général en 1997, il conduit deux mandats jusqu'en 2006. Son mandat est aussi terni par le scandale "Pétrole contre nourriture", un programme d'aide à l'Irak entaché de corruption impliquant des proches de son entourage, dont il reconnaît la gravité sans démissionner. Il décède en août 2018 à Berne, en Suisse.

Actions majeures

Annan lance le Pacte mondial en 2000, initiative engageant les entreprises à respecter les droits humains, les normes sociales et l'environnement. La même année, il propose les Objectifs du Millénaire pour le développement, visant à réduire de moitié la pauvreté mondiale à l'horizon 2015. Il développe et fait adopter par l'ONU en 2005 le concept de "responsabilité de protéger" (R2P), selon lequel la communauté internationale a le devoir d'intervenir lorsqu'un État massacre sa propre population. En 2002, il crée le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Influence historique

Kofi Annan incarne l'idéal du multilatéralisme et la conviction que les crises mondiales appellent des réponses collectives. Sa condamnation de la guerre en Irak comme "illégale" au regard du droit international, en 2003, illustre sa volonté d'affirmer l'autorité des Nations Unies face aux grandes puissances. Son bilan est néanmoins nuancé par les échecs au Rwanda et en Bosnie, qui révèlent les limites d'une organisation dépendante de la volonté politique de ses membres. La doctrine de la responsabilité de protéger qu'il a contribué à élaborer reste l'une de ses contributions les plus durables au droit international.

En savoir plus sur Wikipédia